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CELEBRATION DE LA JOURNEE MONDIALE DE LA POPULATION ET LANCEMENT DU RAPPORT SUR L’ETAT DE LA POPULATION MONDIALE

Elysée Munembwe invite à appuyer la réalisation du 2ème RGPH

« Elle est une marchandise à échanger. Elle est un objet de désir. Elle est un fardeau à jeter. Elle est une source de travail gratuit. C’est une fille. Telle est la triste réalité : son corps, sa vie et son avenir ne lui appartiennent pas ». Tels sont les mots, durs et pathétiques extraits de la synthèse du dernier Rapport sur l’état de la population, par lesquels la Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan, Elysée Munembwe Tamukumwe, a introduit le mot de circonstance prononcé à l’occasion de la célébration de la Journée Mondiale de la Population (JMP) et du lancement du Rapport sur l’état de la population mondiale. L’événement, commémoré à travers le monde le 11 juillet de chaque année, a été postposé en RDC pour des raisons d’agendas, et s’est tenu Salon Congo du Pullman Hôtel de Kinshasa, lundi 27 juillet 2020.

Comme chaque année, la JMP est commémorée sur un thème d’actualité portant sur les questions émergentes de population et développement, afin de réfléchir sur différents aspects de l’évolution démographique de la planète : « Faire des arrêts sur Covid-19 : Comment préserver la santé et les droits des femmes et des filles durant cette période de COVID-19» est le thème choisi pour 2020.

Le choix de ce thème est dicté par le fait que la grave crise provoquée par la pandémie de la Covid-19 affecte particulièrement les femmes : elles représentent la plus grande partie des agents de santé de première ligne, et sont plus exposées que d’autres catégories ; la fermeture des frontières et les restrictions des mouvements entraînent des perturbations dans les chaînes d’approvisionnement qui affectent la disponibilité des contraceptifs accroît ainsi le risque de grossesses non désirées ; alors que les pays sont bloqués et que les systèmes de santé ont du mal à faire face à cette nouvelle donne, les services de santé sexuelle et reproductive sont mis à l’écart et la violence sexuelle et basée sur le genre est en pleine progression, a indiqué la Vice-Premier Ministre.

Elysée Munembwe a poursuivi son allocution du jour en notant que la célébration de la JMP revêt un intérêt particulier pour la République Démocratique du Congo qui fait face à 5 défis majeurs :

– La forte fécondité au niveau national, avec un nombre moyen de 6,2 enfants/femme qui place la RDC parmi les 5 pays les plus féconds au monde ;

– La précocité de la fécondité, due aux mariages d’enfants et à l’accès limité aux informations et aux services de santé sexuelle et reproductive ;

– Une mortalité maternelle toujours très élevée, soit 473 décès maternels pour 100.000 naissances vivantes, avec environ 29 % de décès chez les adolescentes ;

– Une violence sexuelle encore très courante, puisqu’environ 64 % de femmes ont subi au moins une fois des violences d’un partenaire ;

 

– L’absence de données fiables pour la planification du développement, le dernier Recensement Général de la Population et de l’Habitat remontant à 1984.

Pour faire face à ces défis liés aux questions de population et développement, le Gouvernement, en collaboration avec des partenaires au développement, s’attèle à réaliser le Recensement Général de la Population et de l’Habitat avec des technologies innovantes, y compris une cartographie géoréférencée, pour améliorer l’analyse des données démographiques nationales et provinciales afin de mieux cibler les personnes les plus vulnérables, a-t-elle annoncé.

La célébration de la JMP au Pullman Hôtel Kinshasa a coïncidé avec le lancement du Rapport sur l’état de la population mondiale intitulé : « Contre ma volonté : refuser les pratiques qui nuisent aux femmes et aux filles et qui font obstacle à l’égalité ».

Un rapport qui déplore que des millions de filles subissent des préjudices physiques et émotionnels au vu et au su de leurs familles, de leurs amis et de leurs communautés, et avec leur assentiment. Une vingtaine de ces pratiques néfastes sont considérées par l’UNPFA comme des violations des droits fondamentaux, les violences et abus sexuels, les mariages des enfants et la préférence marquée pour les garçons au détriment des filles étant les plus répandues, a encore noté Elysée Munembwe.

Avant de souligner que parmi les stratégies proposées pour juguler ces violations, trois s’avèrent particulièrement interpellatrices pour la RDC : résoudre le problème à la racine en s’attaquant à ses causes que sont les normes sexistes communautaires ; restructurer les systèmes économiques et juridiques pour garantir l’égalité des chances aux femmes (la législation relative aux droits successoraux, par exemple) ; intensifier les efforts déployés pour prolonger la scolarisation des filles, leur inculquer des compétences sur la vie courante et impliquer les hommes et les garçons dans la mise en œuvre de ces changements sociaux permettra de mettre un terme aux mariages des enfants et aux violences et abus sexuels. Etant entendu qu’il est clair que lorsqu’une femme dispose du pouvoir et des moyens d’éviter ou de différer une grossesse, elle maîtrise mieux sa santé et peut entreprendre une activité rémunérée pour s’épanouir.

Un bémol, cependant : le contexte actuel, marqué par de fortes perturbations de l’économie mondiale dues à la pandémie de la Covid-19, qui impacte négativement la mise en œuvre de ces stratégies. Très dépendante des exportations des matières premières, la RDC devrait voir sa croissance baisser sensiblement et ses agrégats macroéconomiques se détériorer en profondeur cette année, si une riposte d’envergure n’est pas lancée, selon la Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan.

Afin d’amortir le choc et préparer la reprise puis la relance de l’économie avec sérénité, un ajustement des stratégies de développement ainsi que des modalités de mise en œuvre des politiques publiques s’est avéré nécessaire. Le Gouvernement a élaboré un Programme d’Urgence d’Atténuation des Impacts de la Covid-19 (PMUAIC-19), destiné à amortir le choc lié à la pandémie sur l’environnement économique et social, soutenir la relance de l’activité économique afin de baliser le chemin pour revenir sur la trajectoire du Plan National Stratégique de Développement (PNSD), dont le pays s’est doté en 2019, alors que le contexte socio-économique mondial était différent du contexte actuel, a encore expliqué Mme Munembwe.

La Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan a lancé un appel à la communauté nationale en 5 points : prendre en considération la dynamique de la population, les relations entre les sexes et les générations, le bien-être des femmes et l’accès aux services de santé et aux possibilités offertes ; ne pas subir la croissance démographique de 3,3 % l’an, mais se préparer à y faire face grâce à des choix éclairés afin de lutter contre la faim et éradiquer la pauvreté à l’horizon 2030 ; poursuivre les efforts du Gouvernement pour la capture effective du dividende démographique et ainsi mieux orienter les choix stratégiques de développement à la base ; asseoir une politique nationale de population dont le pays est dépourvu depuis son accession à l’indépendance, conditions sine qua non du développement durable ; nécessité d’un sursaut patriotique national pour abolir les pratiques néfastes préjudiciables à la santé des filles et des femmes et les libérer définitivement afin qu’elles jouissent de leurs droits.

« C’est pour cela que nous renouvelons l’engagement pris par Son Excellence Monsieur le Président de la République et Chef de l’Etat pour la réalisation du 2ème Recensement Général de la Population et de l’Habitat et nous faisons appel aux Partenaires Techniques et Financiers pour appuyer ce projet structurant. Les données issues de ce recensement vont améliorer, sur tous les plans, la gouvernance de notre pays », a déclaré en substance la Vice-Premier Ministre. Tout en lançant un appel à tous les acteurs de développement pour qu’ils s’investissent en moyens et s’impliquent résolument dans la lutte contre la mortalité maternelle, la promotion de la planification familiale, la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre.

Avant de déclarer lancé le Rapport sur l’état de la Population Mondiale édition 2020 en RDC, la Vice-Premier Ministre, Ministre du Plan a soutenu que « pour atteindre les Objectifs de Développement Durable, il est indispensable de réitérer notre engagement en faveur de la protection et du respect des droits et de choix pour tous, dans les limites de la législation congolaise et de réaliser l’ensemble du Programme d’Action de la Conférence Internationale sur la Population et le Développement ».

 

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